Newsletter n°3 du pôle Services Financiers d'A2 Consulting
Cap sur 2026 : quels enjeux pour le secteur bancaire ?
L’année 2025 a confirmé la solidité du système bancaire européen.
Les établissements ont démontré leur capacité à faire face à un environnement macrofinancier et géopolitique instable, en s’appuyant sur des niveaux de fonds propres et de liquidité robustes, une qualité d’actifs globalement maîtrisée et une résilience éprouvée lors des épisodes de forte volatilité des marchés. Les très bonnes performances des grands groupes bancaires français en sont la preuve.
Les établissements ont dû notamment composer avec :
- Une pression réglementaire accrue (cybersécurité, résilience opérationnelle, finance durable),
- La montée en puissance de l’IA générative, encore souvent en phase d’expérimentation encadrée,
- Des attentes clients toujours plus élevées en matière de fluidité et de personnalisation,
- Et une exigence renforcée de maîtrise des coûts, dans un environnement macroéconomique incertain.
Pour autant, la Banque centrale européenne (BCE) appelle à la vigilance. Dans un contexte d’incertitude durable, de risques extrêmes plus probables et de transformations technologiques rapides, la supervision bancaire européenne a défini ses priorités prudentielles pour la période 2026–2028. Ils donnent une lecture très claire des enjeux structurants de l’année 2026.
L’équipe Services Financiers d’A2 Consulting décrypte pour vous les enjeux de 2026 pour le secteur bancaire.
01. Résilience financière et maîtrise des risques macrofinanciers
La BCE attend des banques qu’elles renforcent leur capacité à absorber des chocs géopolitiques et macroéconomiques tout en conservant une prise de risque prudente.
Cela implique en 2026 :
- Une vigilance accrue sur les critères d’octroi de crédits, en particulier sur les nouveaux prêts,
- Une attention renforcée sur certains portefeuilles sensibles (PME, immobilier commercial),
- Le maintien d’une cohérence entre tarification des prêts, niveau de risque et rentabilité,
- La poursuite des revues ciblées sur les dispositifs IFRS 9 et le provisionnement.
L’enjeu est d’anticiper la dégradation potentielle plutôt que de la subir.
02. Capitalisation et exigences réglementaires : le passage à l’échelle du CRR III
Les attentes en matière de solvabilité se renforcent avec l’entrée en vigueur du paquet CRR III (Capital Requirements Regulation 3) / CRD VI (Capital Requirements Directive 6) qui transposent les derniers standards de Bâle 3.
En 2026, il faudra s’attendre à :
- Des contrôles accrus sur le calcul des actifs pondérés des risques. En effet, une redéfinition du calcul du risque de crédit a été mise en place et vise à mieux refléter les risques réels et à limiter les différences d’évaluation entre banques.
- Des exigences plus fortes sur la qualité des données, la valorisation des garanties et les contrôles internes.
- Une montée en puissance de l’approche standard et du plancher de fonds propres.
La conformité réglementaire devient un sujet de pilotage stratégique et non plus uniquement technique.
03. Risques climatiques et ESG : de l’engagement à l’impact
Le cadre règlementaire européen sur les risques climatiques et environnementaux devient de plus en plus structurant pour les banques et doit s’inscrire désormais dans la durée.
En effet, les directives de l’Autorité bancaire européenne (EBA) imposent depuis 2025 d’identifier, mesurer, gérer et surveiller les risques ESG et de se doter de plans de transitions à court, moyen et long terme.
En 2026, les banques devront continuer à adapter leurs stratégie et gouvernance pour répondre et intégrer au mieux les critères ESG.
Le défi consiste à transformer les obligations ESG en levier de résilience et de création de valeur.
04. Résilience opérationnelle et cybersécurité : DORA en ligne de mire
Un an après l’entrée en application du règlement DORA, la résilience opérationnelle reste une priorité centrale des banques en 2026.
L’année passée, les principales avancées ont porté sur l’évolution de la gouvernance et du cadre procédurale ainsi que le lancement de l’implémentation des mesures de gestion des risques liés aux TIC. Les principales difficultés portent sur le pilier relatif à la gestion des risques liés aux prestataires tiers de services TIC.
En 2026, les banques devront se concentrer sur :
- Le renforcement des dispositifs de cybersécurité,
- La meilleure maîtrise des risques liés aux prestataires tiers et au cloud,
- La préparation aux tests de résilience et aux inspections ciblées.
La continuité des services critiques est désormais un enjeu de confiance et de stabilité.
05. Données, pilotage des risques et transformation numérique
La qualité des données et des systèmes d’information reste une des préoccupations centrales des banques. Elle conditionne à la fois leur conformité, leur résilience et leur capacité de transformation.
En 2025, l’IA Générative était au centre des stratégies d’efficacité opérationnelle des banques. De nombreux cas d’usage ont été identifiés et des pilotes ont été lancés.
En 2026, les banques devront transformer l’essai en allant vers une industrialisation de leurs cas d’usage. Elles devront veiller à :
- Renforcer de la gouvernance des données et de l’implication des organes de direction,
- Améliorer des capacités d’agrégation et de reporting des risques,
- Poursuivre la digitalisation et le développement des usages de l’IA sous une gouvernance renforcée.
Les banques capables de fiabiliser leurs données pourront tirer pleinement parti de l’IA et de l’automatisation. L’enjeu clé sera de transformer l’innovation technologique en gain réel de performance opérationnelle.
06. Performance organisationnelle et pilotage des transformations
Face aux incertitudes politiques et macroéconomiques, les banques ont entrepris des transformations leur permettant de réaliser des économies et de rationaliser leurs activités.
En 2026, les banques doivent continuer à se transformer tout en délivrant. Cela passera par :
- Un arbitrage plus strict des portefeuilles projets,
- Une recherche de modes de fonctionnement plus transverses et plus agiles,
- Une clarification des rôles entre directions métiers, IT et fonctions support.
L’enjeu clé sera de renforcer la capacité d’exécution dans un contexte de ressources contraintes.
07. Expérience client et personnalisation des parcours
Face aux exigences croissantes des clients, la digitalisation ne suffit plus : la qualité de l’expérience globale devient déterminante. L’expérience client restera au centre des préoccupations des banques en 2026.
L’objectif sera d’aller vers toujours plus de simplification des parcours clients (ouverture de compte, crédit, gestion des incidents), d’exploiter plus finement la donnée client et de continuer à accompagner la montée en compétence des conseillers sur des interactions à plus forte valeur ajoutée.
Pour le secteur bancaire, 2026 s’annonce comme une année charnière de maturation sur différents aspects (règlementation, technologie, stratégie et transformation).
Les banques devront concilier innovation, exigences prudentielles et efficacité opérationnelle. Celles qui sauront aligner stratégie, gouvernance et exécution seront les mieux positionnées pour naviguer dans un environnement durablement incertain.
A2 Consulting vous accompagne sur ses différents aspects, n’hésitez pas à nous contacter pour plus d’information et à suivre nos actualités.
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