26 février 2026

Prise de parole / Avis d'experts

Crédits à la consommation : un encadrement renforcé pour lutter contre le surendettement

À compter du 20 novembre 2026, le cadre juridique des crédits à la consommation en France va profondément évoluer. Un décret, publié au Journal officiel, vient renforcer les obligations des établissements prêteurs afin de mieux protéger les emprunteurs et de freiner une dynamique préoccupante : la progression du surendettement, notamment chez les jeunes adultes. 

Cette réforme constitue l’une des réponses les plus ambitieuses adoptées ces dernières années en matière de protection financière des ménages. 

⚖️ Pourquoi ce renforcement règlementaire ?

Les données récentes de la Banque de France confirment une hausse significative des dossiers de surendettement. En 2025, plus de 148 000 dossiers ont été déposés, soit une augmentation d’environ 9,8 % par rapport à 2024.

Cette évolution est encore plus marquée chez les jeunes :

  • Moins de 30 ans : 17 000 dossiers en 2025 contre 12 500 en 2024 (+36 %).
  • 18-25 ans : environ 5 000 dossiers en 2025, soit une hausse de 65 % sur un an.

Parmi les produits concernés :

  • Les mini-crédits (généralement des prêts inférieurs à 200 €),
  • Les paiements fractionnés ou différés, souvent perçus comme gratuits ou sans risque par les consommateurs,
  • Les prêts à la consommation de plus forte ampleur (75 000 à 100 000 €),
  • Ainsi que les contrats de location avec option d’achat (LOA).

Ces formes de financement, particulièrement attractives par leur simplicité ou leur faible montant, ont été désignées comme des facteurs potentiels de fragilisation financière lorsqu’elles sont utilisées fréquemment ou sans évaluation solide de la capacité de remboursement.

Le gouverneur de la Banque de France a d’ailleurs qualifié certains de ces mécanismes, comme les mini-crédits, de véritables « drogues douces », soulignant leur rôle dans la progression du surendettement.

Certains y voient le reflet des conséquences de l’inflation qui persistent, du taux de chômage élevé chez les jeunes et plus globalement d’un contexte social fragile, où les ménages français doivent faire face à de plus en plus de difficultés financières.

🔎 Ce qui change concrètement

La réforme vise à étendre et uniformiser les obligations des prêteurs afin d’éviter que des crédits faciles d’accès n’échappent à un contrôle prudentiel.

Parmi les principales mesures :

  • Une obligation plus stricte d’analyse de solvabilité avec la consultation systématique du FICP (fichier national des incidents de remboursement des crédits) pour tous les crédits, y compris les petits montants.
  • Une transparence renforcée sur l’information fournie aux emprunteurs avec des mentions claires sur les coûts réels et les risques.
  • L’extension du périmètre réglementaire à des produits jusqu’ici peu contrôlés, réduisant ainsi les zones grises exploitées par certains acteurs du marché.

Ces mesures visent à responsabiliser à la fois les établissements prêteurs et les consommateurs. Désormais, une analyse rigoureuse de la situation financière de l’emprunteur devient une étape indispensable avant la signature d’un contrat.

💡 Les impacts pour les consommateurs et les acteurs du marché

Pour les particuliers, l’obtention d’un petit crédit ou d’un paiement en plusieurs fois pourra être moins instantanée, mais plus sécurisée. L’objectif est de réduire les situations où l’on accumule sans se rendre compte des engagements financiers dépassant la capacité réelle de remboursement.

Pour les professionnels du crédit, cette réforme implique une adaptation des systèmes de scoring, des processus de souscription et des communications clientèles. La période s’étendant jusqu’à l’automne 2026 est pensée comme un temps de préparation à ces nouvelles contraintes règlementaires.

🔄️ Un changement de paradigme nécessaire

Au-delà de la règlementation, ces évolutions témoignent d’un changement de paradigme dans la gestion du crédit à la consommation en France.

Alors que des produits comme le paiement en plusieurs fois ou les mini-crédits se sont banalisés, ils sont désormais considérés à juste titre comme des leviers à risque lorsqu’ils ne sont pas assortis d’une analyse sérieuse de la situation financière.

La crise du surendettement n’est pas seulement une question de chiffres : elle s’inscrit dans des profils sociaux variés, incluant de nombreux jeunes, pour qui l’accès facilité au crédit se double parfois d’une méconnaissance des engagements que cela comporte.

En mettant l’accent sur la responsabilité, la transparence et la protection, cette réforme cherche à rétablir un équilibre entre des besoins de financement légitimes et la prévention de dérives préjudiciables à long terme.

Chez A2 Consulting, nous accompagnons les établissements financiers en les aidant à :  

  • Assurer une conformité optimale avec les évolutions réglementaires ; 
  • Optimiser les impacts sur la documentation et les parcours de souscription pour garantir une expérience client responsable et engageante.  
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