Le biomimétisme et les entreprises : interview de Pandorama

07 février 2020

Prise de parole / Avis d'experts

Et si le biomimétisme était le parfait outil d’intégration du développement durable dans les entreprises ?...

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Porteur d’une démarche responsable et innovante depuis sa création, A2 Consulting reçoit régulièrement différents intervenants pour étudier des thématiques nouvelles et stimulantes.
Dans ce cadre, Agathe LE CLERC et Baptiste BOITTIAUX, porteurs du projet Pandorama, sont venus présenter le biomimétisme. L’approche biomimétique consiste à s’inspirer du vivant pour innover durablement. L’occasion de découvrir comment en faire un outil d’intégration du développement durable dans les stratégies d’entreprise.

A2 Consulting : qu’est-ce que le biomimétisme ?

Le biomimétisme consiste à s’inspirer du vivant pour innover durablement. Ce terme vient de bio qui signifie « vie » et mimesis qui signifie « imiter ». Le concept a été remis au goût du jour aux États-Unis par Janine Benyus à la fin des années 90, mais existe depuis toujours. Déjà au XXème siècle, Léonard de Vinci s’inspirait du mouvement des ailes des oiseaux et des chauves-souris pour tenter de l’adapter à l’Homme.

Avez-vous des exemples concrets d’innovations bio-inspirées ?

Il existe trois types d’innovation inspirées du vivant, on peut s’inspirer des :
bardane• Formes : le velcro (1941), exemple mythique et fondateur, s’inspire de la fleur de bardane qui s’accroche

• Procédés : l’architecture des immeubles thermorégulés comme l’Eastgate building (Zimbabwe, 1996) s’inspire de celle des termitières

• Écosystèmes : la ville de Kalundborg (Danemark) dispose d’un parc industriel où les entreprises ont décidé de s’associer durablement. Elles ont mis en œuvre tout un processus de sorte à ce que les déchets de l’une deviennent les ressources de l’autre. Depuis les années 70, des entreprises s’échangent des matériaux : c’est une forme de symbiose industrielle.

À quels enjeux d’entreprise le biomimétisme pourrait-il permettre de répondre ?

Les entreprises sont confrontées à des environnements de plus en plus instables. Les marchés économiques, les réglementations, les évolutions technologiques rendent difficiles toute visibilité. Le biomimétisme peut être la réponse à des enjeux d’innovation technique comme vu précédemment. C’est également une source d’innovation sociale liée aux enjeux actuels (manque de communication, prise de décision difficile, mauvaise définition des rôles, jeux d’influence, réunionite, etc.). Face à des processus de plus en plus longs et de moins en moins productifs, le biomimétisme constitue une solution.

On peut faire des parallèles entre une entreprise et un écosystème naturel :
Les systèmes écologiques sont des systèmes complexes qui savent s’adapter en permanence face aux perturbations : ils sont résilients, construits en réseaux décentralisés et redondants ; ils apprennent et innovent en permanence. Ils favorisent la coopération, s’auto-organisent de bas en haut à l’aide de règles simples, de boucles de rétroaction courtes et sans leadership affirmé. La forêt est un bon exemple.

En tant que système humain et apprenant, l’entreprise répond à des lois similaires à celles de la nature : elle naît, se développe, mûrit et disparaît. La durée de son cycle est liée à la fois à des facteurs externes (mondialisation, normes, multiplicité des acteurs, etc.) mais aussi internes.

Pourquoi le biomimétisme a-t-il le vent en poupe depuis quelques temps ?

Ces dernières années, la prise de conscience des enjeux environnementaux a souvent été paralysante et rarement force de proposition de solutions.
Or, le biomimétisme vient nous apporter des solutions concrètes et durables face aux défis auxquels nous sommes confrontés : la Nature est championne dans la gestion de la complexité. Le biomimétisme séduit notamment car il répond à au moins 9 des 17 ODD de l’ONU. Les secteurs phares du biomimétisme sont l’énergie, l’architecture, l’informatique ou encore l’agriculture (Saint-Gobain, Renault, Eiffage, L’Oréal, EDF, Décathlon, RTE, Yves Rocher, ENGIE, Air Liquide, Michelin, etc.).

Concrètement, comment A2 Consulting pourrait utiliser le biomimétisme ?

A2 Consulting a déjà pris l’initiative de déclarer sa raison d’être, le « conseil responsable », dans ses statuts.
Le cabinet pourrait désormais participer à porter un nouveau regard sur les organisations, en considérant les entreprises comme des organismes vivants suivant un schéma de pensée, et non plus des organismes rigides.

Pouvez-vous nous présenter votre projet Pandorama ?

Notre projet d’exploration consiste à partir à la rencontre d’organisations vivantes en France, pour comprendre comment elles fonctionnent. L’objectif est d’analyser ces organisations sous le prisme du biomimétisme, en les considérant comme des organismes vivants, pour donner des exemples concrets d’application des principes du vivant dans des organisations humaines. Nous partons pour 7 mois supplémentaires d’exploration en France afin de produire des podcasts et des vidéos. À terme, nous souhaiterions ouvrir notre propre tiers-lieux où se côtoieraient citoyens, organisations vivantes et organisations souhaitant changer de paradigme.

Des idées de lectures sur le sujet ?

1. Biomimétisme, quand la nature inspire des innovations – Janine BENUYS
2. Le Vivant comme modèle – Gauthier CHAPELLE
3. La Permaéconomie – Emmanuel DELANNOY
4. L’Économie symbiotique – Isabelle DELANNOY
5. La Vie secrète des arbres – Peter WOHLLEBELEN

Merci à vous deux pour ces échanges inspirants et bonnes explorations !

Interview réalisée par Sheba WOPE, Consultante A2 Consulting

 


 

Des nouvelles du projet Pandorama : https://www.facebook.com/pandorama.life/

 

Mots clés :
Biomimétisme
Développement durable
Innovation
Pandorama

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